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Abrogation du Code noir : La France face à son passé esclavagiste

À l’occasion des 25 ans de la Loi Taubira, la Assemblée nationale s’apprête à franchir un pas hautement symbolique : l’abrogation du Code noir, texte fondateur de l’esclavage dans les colonies françaises.

Promulgué à partir de 1685 sous Louis XIV et élaboré notamment par Jean-Baptiste Colbert, le Code noir encadrait juridiquement l’esclavage dans les territoires d’outre-mer. Bien que devenu caduc après l’abolition définitive de l’esclavage en 1848, il n’avait jamais été formellement abrogé.

Le 20 mai 2026, la commission des lois a voté à l’unanimité sa suppression officielle, à l’initiative notamment du député Laurent Panifous et avec le soutien du Premier ministre François Bayrou. Une décision qui intervient dans un contexte mémoriel fort, mais qui divise les historiens et juristes.

Pour certains spécialistes, comme Frédéric Charlin, cette abrogation relève d’un « faux débat », l’abolition de l’esclavage ayant déjà rendu le texte inopérant. D’autres, à l’image de Jean-François Niort, redoutent qu’un geste symbolique ne détourne l’attention des enjeux plus sensibles, notamment celui des réparations.

Quid des réparations

L’historienne Myriam Cottias insiste sur cette distinction : si l’abrogation relève du symbole, la question des réparations renvoie à des réalités contemporaines, comme les inégalités persistantes dans des territoires héritiers de l’histoire esclavagiste.Adoptée en 2001 sous l’impulsion de Christiane Taubira, la loi éponyme reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Vingt-cinq ans plus tard, le débat reste ouvert : comment traduire cette reconnaissance dans des politiques concrètes ?Au-delà du droit, c’est aussi une bataille de mémoire qui se joue.

Certains appellent à repenser l’espace public, à l’image de la proposition d’ériger une statue de Toussaint Louverture en face de celle de Colbert. Une manière de rééquilibrer le récit historique et de donner toute sa place à ceux qui ont combattu l’esclavage.

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