L’opposition malienne enregistre un renfort de taille. L’ancien ministre Hamma Ag Mahmoud a officialisé son adhésion à la Coalition des forces pour la République (CFR), portée par l’imam Mahmoud Dicko. Ce ralliement vient renforcer une plateforme qui s’impose progressivement comme l’un des principaux pôles de contestation face aux autorités de transition.
En rejoignant la CFR, Hamma Ag Mahmoud appelle à une mobilisation générale des Maliens autour d’un « projet commun de société ». Il plaide pour l’organisation d’une conférence nationale capable, selon lui, de corriger les erreurs passées et de refonder la gouvernance.
Pour l’ancien ministre, « la classe politique a échoué », ouvrant la voie aux rébellions et à la montée des groupes jihadistes.La CFR, lancée en décembre dernier, prône une résistance pacifique face aux militaires au pouvoir depuis près de six ans sans échéance électorale claire.
Mais elle va plus loin en défendant l’idée d’un dialogue avec les groupes armés, notamment le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda, ainsi qu’avec le Front de libération de l’Azawad (FLA).
Le pari risqué du dialogue
Cette orientation suscite de fortes réticences dans l’opinion, tant elle soulève la question de la compatibilité entre projet républicain et revendications jihadistes, notamment autour de l’application de la charia.
Pourtant, Hamma Ag Mahmoud assume : selon lui, l’inclusion de tous les acteurs dans un cadre politique rénové pourrait contribuer à faire taire durablement les armes.Ce ralliement intervient dans un contexte de crispation politique et sécuritaire persistante au Mali.
En consolidant ses rangs, la coalition de Mahmoud Dicko cherche à peser davantage dans le rapport de force national.