Seize ans après la disparition du syndicaliste béninois Pierre Urbain Dangnivo, l’affaire continue de susciter des interrogations. Au procès, le ministère public a requis 30 ans de réclusion criminelle contre Codjo Alofa, l’un des principaux accusés, ainsi que 150 millions de FCFA de dommages et intérêts.
Le parquet a toutefois modifié son approche, requalifiant les faits en « complicité de meurtre commis avec des actes de barbarie ». Selon le procureur, Codjo Alofa n’aurait pas directement porté les coups mortels, mais aurait facilité la commission du crime en fournissant les moyens nécessaires aux auteurs présumés.
Une version qui ne convainc pas la famille de la victime. Depuis le début de la procédure, les proches de Dangnivo contestent l’identification du corps présenté comme celui du syndicaliste ainsi que les conclusions des tests ADN.Me Olga Anasside, avocate de la partie civile, dénonce un dossier « plein d’incohérences et d’interrogations ».
Elle estime que la justice doit encore répondre à plusieurs questions pour permettre à la famille de connaître la vérité.Pour les proches du disparu, il ne s’agit pas de vengeance mais de faire toute la lumière sur une affaire qui demeure l’une des grandes énigmes judiciaires du Bénin. La défense doit plaider jeudi 16 juillet.