Plus de deux tiers des contraceptifs financés par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) étaient destinés à l’Afrique, notamment à la RDC, au Kenya, à la Tanzanie, à la Zambie et au Mali. Or, ce stock important comprenant implants, pilules et contraceptifs injectables pourrait être détruit, malgré une date de péremption allant jusqu’en 2029.
La porte-parole de la Fédération internationale des plannings familiaux, Alice Ackermann, alerte sur les conséquences dramatiques pour plus d’1,4 million de femmes et filles privées d’accès à la contraception. Selon elle, la destruction risque d’entraîner au moins 174 000 grossesses non désirées et 56 000 avortements à risque.Depuis le gel des financements américains en janvier 2025, ces pays accumulent des stocks très limités. La Tanzanie, par exemple, ne dispose que de trois mois de réserve. Cette situation empêche les femmes d’avoir un véritable choix contraceptif.
Le stock est bloqué dans un entrepôt en Belgique et devrait être incinéré en France, une décision justifiée par l’administration américaine par des motifs idéologiques : certains contraceptifs, comme les stérilets, sont assimilés à des produits « abortifs » par les autorités américaines, en lien avec la politique anti-IVG en vigueur.Plusieurs ONG ont proposé de reprendre, reconditionner et redistribuer gratuitement ces produits aux pays concernés, mais ces offres ont été refusées.
Le coût de la destruction est estimé à 167 000 dollars, un gaspillage dénoncé comme « irresponsable » par des organisations comme Médecins Sans Frontières.Le gouvernement français, encore silencieux, est appelé à intervenir par des associations et des élus écologistes pour empêcher la destruction et défendre les droits sexuels et reproductifs. De son côté, la Belgique explore des solutions diplomatiques.