Longtemps star des cuisines sénégalaises, le gombo quitte désormais la marmite pour s’inviter dans les salles de bain. Ses propriétés hydratantes et anti-âge séduisent de plus en plus les marques locales, qui en font un ingrédient phare de leurs formulations.
À Dakar, l’entreprise Trésors d’Afrique parie déjà sur ce légume gluant pour booster l’essor des cosmétiques naturels made in Sénégal.
Au Sénégal, le gombo reste largement associé à la soupe kandia, même si certaines femmes l’utilisent déjà pour nourrir leurs cheveux.
Une filière pleine de promesses
Pourtant, Trésors d’Afrique en vend 27 000 produits par an, principalement à l’étranger. « Ce sont les expatriés et la diaspora qui achètent le plus. Notre marque est plus connue à l’international qu’ici », un agent qui prépare une campagne marketing pour toucher les consommatrices locales.Pour les producteurs, cette tendance est une aubaine.
À Thiès, l’agriculteur Mamour Gueye, habitué à exporter, voit l’intérêt du marché intérieur :
« C’est plus rentable de vendre localement. À l’export, on a des réclamations sur le noircissement du produit. La transformation locale, c’est vraiment une bonne chose », explique-t-il.
Le développement de produits naturels s’inscrit dans une dynamique continentale. Le marché africain des cosmétiques, estimé à 3,87 milliards de dollars en 2024, pourrait doubler d’ici 2033. Dans cet écosystème en expansion, le gombo s’impose comme un ingrédient innovant à fort potentiel, alliant tradition, savoir-faire local et demande croissante en produits naturels.