En Côte d’Ivoire, les cacaoculteurs sont sous le choc. Après avoir touché un prix record de 2 800 francs CFA le kilo lors de la campagne principale, le gouvernement a fixé le prix bord champ de la campagne intermédiaire à 1 200 francs CFA, soit une chute de près de 60 %, conséquence du recul des cours mondiaux.
A Agboville, dans la région d’Agneby-Tiassa, cette annonce a plongé les coopératives et les producteurs dans l’incertitude. Dans les entrepôts, des centaines de tonnes de cacao restent stockées, tandis que les responsables de coopératives peinent à gérer la situation : « Le producteur était sûr que son cacao serait acheté à 2 800, mais aujourd’hui on annonce 1 200. Qui paye la différence ? » s’inquiète un responsable sous couvert d’anonymat.
Le problème pour les producteurs n’est pas seulement la baisse, mais la manière dont elle a été annoncée. Jusqu’ici, le Conseil café-cacao garantissait le rachat des stocks de la campagne principale à 2 800 FCFA. « Le changement de prix en cours de campagne, sans avertissement, est perçu comme une tromperie », explique un responsable cacaoyer.Les producteurs expriment leur colère et leur frustration.
Laurent Kouakou Koffi, qui exploite six hectares de cacao, confie : « Le prix annoncé nous a abasourdis. Passer de 2 800 à 1 200, c’est un coup dur pour le portefeuille du planteur. Tout ce qu’on avait prévu est compromis. »