À l’ouverture de l’année judiciaire, la lutte contre la corruption est redevenue le sujet central en Angola. Le président João Lourenço affirme faire de cette bataille son combat personnel, visant notamment des proches de l’ancien président José Eduardo dos Santos.Dans ce cadre, la justice angolaise a officiellement demandé à plusieurs pays étrangers de restituer des fonds issus de la corruption.
Le Portugal, ancienne puissance coloniale, a déjà rendu 3 millions de dollars sur les 20 millions réclamés. Parmi les personnes visées figure l’entrepreneur Carlos São Vicente, proche de la famille Dos Santos, condamné à neuf ans de prison.« Nous exigeons que ces actifs soient restitués à leur légitime propriétaire, l’État angolais », a déclaré João Lourenço.
« Certains fonds hébergés au Portugal nous ont été rendus. Il nous faut maintenant intensifier la coopération avec les autres pays. Nous avons besoin de ces ressources pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes et autres infrastructures nécessaires au développement de notre pays. »
120ᵉ place sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption
La Suisse, Chypre, les Émirats arabes unis et les Bermudes figurent parmi les juridictions ciblées par Luanda, où seraient hébergés au total près de 2 milliards de dollars. Le procureur général Hélder Pitta Grós précise que ces démarches internationales sont complexes : « Nous sommes en contact permanent avec ces juridictions, mais il faut qu’on respecte leurs formalités, et cela ne va pas aussi vite que nous le souhaiterions. »
Selon le dernier rapport de Transparency International, l’Angola occupe la 120ᵉ place sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption. Les prochaines élections générales sont prévues d’ici août 2027, un contexte qui pourrait accentuer la pression politique et judiciaire sur les responsables accusés.