La situation sécuritaire continue de se détériorer au Mali, notamment aux abords de la capitale Bamako. Samedi 16 mai, plusieurs bus de transport ont été incendiés par des hommes armés présumés jihadistes, illustrant une nouvelle escalade de violence dans un pays déjà fragilisé.
Depuis la fin du mois d’avril, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, a instauré un blocus autour de Bamako, accentuant la pression sur les autorités de transition et les populations civiles.Dans ce contexte tendu, une voix s’est élevée pour appeler à l’apaisement. Ahamada Ould Hamala, proche du chérif de Nioro, considéré comme le chef religieux le plus influent du pays, a lancé un appel au dialogue à travers un message diffusé sur les réseaux sociaux.
S’exprimant en langue bambara pour toucher un large public, il exhorte les différentes parties au conflit,la junte militaire, les groupes jihadistes et les indépendantistes du Front de Libération de l’Azawad (FLA), à privilégier l’unité nationale. « Faites tout pour vous donner la main. Évitez la division du pays », a-t-il déclaré.
Dans son message, il évoque également les souffrances des populations dans plusieurs régions et appelle à une réconciliation nationale : « Il faut une réconciliation entre les fils du même pays ».
Ahamada Ould Hamala a par ailleurs exprimé sa tristesse après la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, lors des attaques du 25 avril, même si les circonstances exactes de cet événement restent floues dans le contexte général d’insécurité. Il n’est toutefois pas établi si cette prise de parole bénéficie du soutien explicite du chérif de Nioro, figure religieuse influente réputée proche des autorités de transition.
Sur le terrain, les lignes restent profondément fracturées. D’un côté, la junte militaire, appuyée par des combattants russes du groupe Africa Corps. De l’autre, une alliance hétérogène composée de groupes jihadistes et de mouvements indépendantistes du nord du pays.
Alors que les violences se multiplient et que le pays semble s’enfoncer davantage dans la crise, cet appel au dialogue apparaît comme une tentative, encore isolée, de ramener les protagonistes à la table des négociations