À peine installée à la tête du ministère des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet hérite d’un agenda chargé et sans répit. Entre tensions internes, blocages protocolaires et défis géopolitiques, les dossiers s’imposent immédiatement à la nouvelle cheffe de la diplomatie.
Premier front : la crise sociale au sein du ministère. Depuis février 2026, la nomination controversée de profils extérieurs à des postes stratégiques à Paris, Washington et Beijing a déclenché une vive fronde de l’Union nationale des Diplomates du Bénin (UNADIB).
Accusations de « hold-up », dialogue rompu, climat de défiance : la ministre devra rapidement apaiser les tensions pour restaurer l’autorité de l’État et la cohésion du corps diplomatique.Deuxième urgence : débloquer les lettres de créance en souffrance. Six ambassadeurs (Cuba, Espagne, Ghana, Inde, Italie, Tchad), en poste depuis plusieurs mois, attendent toujours d’être reçus par le chef de l’État pour leur accréditation officielle.
Une situation inhabituelle qui fragilise la lisibilité diplomatique du Bénin et appelle une régularisation rapide sous la nouvelle présidence.Troisième dossier sensible : l’absence d’un ambassadeur américain à Cotonou depuis février 2026. La représentation des États-Unis est assurée par un simple chargé d’affaires, dans un contexte où l’appui sécuritaire américain dépasse les 30 millions de dollars.
Un vide diplomatique qui réduit le poids politique du partenariat et que Corinne Amori Brunet devra s’employer à combler.Enfin, sur le plan régional, la normalisation avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’impose comme un test stratégique.
Après des années de tensions avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso, les signaux récents de décrispation devront être traduits en avancées concrètes, notamment sur la réouverture des frontières et la sécurisation du pipeline Niger–Bénin.