A travers sa Note de diagnostic pays 2026, la Banque africaine de développement dresse un état des lieux sans complaisance de l’économie béninoise et fixe les réformes clés attendues du nouveau pouvoir. Entre croissance solide et fragilités structurelles, l’institution appelle à des choix rapides pour transformer l’élan actuel en développement durable.
La Banque africaine de développement (BAD) a dévoilé sa Note de diagnostic pays 2026, un document stratégique qui fixe, sans détour, les priorités économiques du nouveau pouvoir.Si l’institution salue une croissance robuste, portée à 7,5 % en 2024, elle met en garde contre ses fragilités structurelles.
Pour la BAD, la dynamique actuelle ne pourra être durable sans réformes profondes. Trois chantiers s’imposent : l’énergie, la fiscalité et l’industrialisation.Premier défi, le coût et l’accès à l’électricité. Jugée trop chère et insuffisamment fiable, l’énergie reste un frein majeur à la compétitivité des entreprises. La BAD appelle à accélérer les investissements, notamment dans les énergies renouvelables, afin de soutenir la transformation industrielle.
Deuxième priorité, l’élargissement de l’assiette fiscale. Malgré des progrès notables, les recettes restent en deçà des standards régionaux. L’institution recommande une meilleure mobilisation des ressources internes, notamment à travers la formalisation de l’économie informelle et le développement d’une fiscalité plus moderne.
Enfin, la question de la valeur ajoutée apparaît centrale. L’économie béninoise demeure peu industrialisée et dépendante de secteurs à faible transformation. La BAD insiste sur la nécessité de renforcer le tissu industriel, en s’appuyant notamment sur la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé, tout en investissant dans le capital humain.
Selon la note, diagnostic servira de base au futur partenariat stratégique 2027-2031.Pour le nouveau président, il trace une ligne claire : transformer la croissance en développement durable. Une exigence qui sonne comme une véritable injonction.