Projet important du président Bola Tinubu, la future autoroute Lagos-Calabar suscite une vive troverse. Entre promesses de développement et risques écologiques majeurs, le chantier divise.
Au Nigéria, la construction de l’autoroute côtière Lagos-Calabar, longue d’environ 700 kilomètres, alimente un débat croissant.Présentée comme un levier de modernisation des infrastructures et de stimulation du tourisme, cette route longeant le littoral inquiète de nombreux acteurs en raison de son impact environnemental et social.
Dans l’État d’Akwa Ibom, le tracé de l’autoroute traverse la forêt de Stubbs Creek, une zone protégée considérée comme la plus vaste de l’État. Cet espace naturel abrite plusieurs espèces menacées et joue un rôle clé dans la régulation climatique.
Selon les estimations, la destruction partielle de cette réserve pourrait générer jusqu’à 3,5 millions de tonnes de CO₂, transformant un important puits de carbone en source d’émissions. Une perspective alarmante pour les défenseurs de l’environnement.
Sur le terrain, les conséquences se font déjà sentir. Wasiu Adesanya, cultivateur de cocotiers, déplore la destruction de vastes plantations : la nouvelle route traverse désormais ses terres, réduisant considérablement ses moyens de subsistance.
Les pêcheurs tirent également la sonnette d’alarme. Lukman Igara évoque une modification du niveau de la mer et une intensification des marées de tempête, qu’il relie aux travaux de remblayage et à des projets côtiers comme Eko Atlantic à Lagos.
Risques accrus pour le littoral
Les organisations écologistes redoutent que cette infrastructure n’aggrave les effets du changement climatique. L’érosion côtière et la montée du niveau de la mer pourraient s’intensifier le long du golfe de Guinée, mettant en péril plusieurs communautés déjà vulnérables.
Dans un pays où certaines zones côtières ont déjà été englouties par les eaux, ces craintes résonnent avec une acuité particulière.Porté par le président Bola Tinubu, le projet vise à relier Lagos, mégapole économique du sud-ouest, à Calabar, près de la frontière camerounaise, d’ici 2028.
Il s’inscrit dans une ambition de transformation du réseau routier national.Mais pour Desmond Majekodunmi, militant écologiste, tout dépendra de la manière dont le projet sera conduit. Il appelle les autorités à tirer les leçons des dégâts causés par l’exploitation pétrolière dans le delta du Niger et à privilégier une approche respectueuse de l’environnement.