Le gouvernement de la Guinea Equatorial a présenté sa démission collective au chef de l’État à l’issue d’une session extraordinaire du Conseil des ministres, tenue à Malabo. L’annonce a été rendue publique mercredi par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue.
Selon les autorités, cette décision intervient après une évaluation interne de l’action gouvernementale concluant à un taux de réalisation d’environ 10 % des objectifs fixés. Un niveau jugé « insuffisant » au regard des moyens mobilisés et des priorités définies par l’exécutif.
Le gouvernement sortant était dirigé par le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua, chargé de la coordination administrative. La présidence n’a pas encore officiellement communiqué sur la composition du futur exécutif, mais une nouvelle équipe gouvernementale est attendue dans les prochains jours.
Le Parti démocratique de Guinée équatoriale, formation au pouvoir, a évoqué des insuffisances de gouvernance et des critiques récurrentes sur la gestion publique pour justifier ce remaniement global.
Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979, devrait procéder à une nouvelle nomination du Premier ministre et de son équipe gouvernementale conformément aux dispositions institutionnelles en vigueur.
Un contexte économique sous pression
Cette démission s’explique par la crise économique difficile que traverse ce pays, fortement dépendant des hydrocarbures. Selon les données de la Banque mondiale, la Guinée équatoriale fait face à une contraction prolongée de son activité économique, avec une baisse du produit intérieur brut estimée à 5,4 % en 2025, et des perspectives toujours fragiles à moyen terme.
Ainsi, malgré son statut de pays à revenu intermédiaire supérieur, les indicateurs sociaux restent préoccupants, avec une pauvreté touchant une large part de la population et des infrastructures encore insuffisamment développées.
Les autorités affirment vouloir relancer les réformes structurelles et accélérer la diversification économique, notamment vers le numérique, le tourisme et les secteurs dits « verts » et « bleus », dans un contexte de réduction progressive de la dépendance au pétrole.