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Tribunal de première instance de Cotonou : Les Contradictions du Colonel Boco, président de la commission d’enquête sur Dangnivo

Lors de l’audience du mercredi 19 mars 2025, le président de la cour a rappelé les faits précédemment examinés et les mesures d’instruction complémentaires mises en place dans le cadre du dossier. Firmin Boco, ancien président de la commission d’enquête sur la disparition de Dangnivo, a été appelé à la barre pour témoigner. Ce dernier a expliqué que l’enquête s’était déroulée en deux phases : une première phase préliminaire, qui s’est concentrée sur l’environnement immédiat de la victime, et une deuxième phase, entamée après la découverte d’un téléphone appartenant à Dangnivo.

Selon le Colonel Boco, les déclarations du témoin clé Prizo ont joué un rôle essentiel dans l’orientation de l’enquête.
Cependant, le témoignage du colonel Boco a révélé plusieurs contradictions importantes avec les déclarations précédentes d’autres acteurs du dossier, notamment le Colonel Koumassègbo, chef de la sécurité présidentielle à l’époque des faits. En effet, ce dernier avait affirmé ne jamais avoir reçu la commission d’enquête dans son bureau, alors que Firmin Boco a formellement déclaré le contraire.

Les principaux accusés, Codjo Alofa et Donatien Amoussou, ont également contesté plusieurs faits évoqués par le Colonel . Alofa a nié avoir fait des aveux devant la Commission d’enquête, et Amoussou a réfuté la version selon laquelle il aurait été identifié dans le bureau du colonel Boco. Ce dernier a cependant confirmé l’identification d’Amoussou dans son bureau, tout en précisant qu’il n’avait eu aucun lien avec lui avant cette rencontre.

L’interrogatoire du Colonel Boco a aussi suscité de nouvelles questions sur les conditions d’exhumation du corps attribué à Dangnivo. L’avocate de la famille de la victime, Me Olga Anassidé, a mis en doute la cause de la mort, soulignant l’absence de traces de substances toxiques dans les restes exhumés, contrairement à ce qui avait été affirmé dans le rapport initial.

Lorsqu’on lui a demandé de s’exprimer sur l’identité du responsable de l’assassinat, le colonel Boco a pointé Codjo Alofa, déclarant que ce dernier avait admis avoir administré une substance à Dangnivo. Toutefois, la défense a insisté sur l’absence de preuves formelles permettant d’étayer cette accusation.

Face à ces nombreuses contradictions et aux besoins d’investigations supplémentaires, l’audience a été suspendue à 15 h 15. Le président a annoncé que la suite du procès serait renvoyée au 8 avril 2025, afin de permettre l’analyse des nouvelles mesures d’instruction et de poursuivre les auditions des témoins et accusés.

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