Le Conseil d’État a validé, lundi 10 novembre 2025, la démission d’office de Marine Le Pen de son poste de conseillère départementale du Pas-de-Calais, conséquence directe de sa condamnation à une peine d’inéligibilité. Cette décision bloque pour l’heure toute candidature de la présidente du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027.
Le 10 avril dernier, le préfet du Pas-de-Calais avait prononcé la démission d’office de Marine Le Pen en application du code électoral, suite à sa condamnation pénale pour l’affaire des assistants parlementaires européens. La députée du Pas-de-Calais avait contesté cette décision devant le Conseil d’État, qui a finalement rejeté son recours.
Dans son communiqué, l’instance précise que : « Les dispositions du code électoral portant sur la démission d’office des conseillers départementaux condamnés par le juge pénal à une peine d’inéligibilité avec exécution provisoire sont conformes au droit européen et au droit international. »
Le Conseil d’État a également estimé que les règles applicables aux conseillers départementaux étaient comparables à celles des conseillers municipaux et qu’aucune question prioritaire de constitutionnalité n’était nécessaire.
L’affaire des assistants parlementaires européens
La condamnation de Marine Le Pen remonte à mars 2025 : le tribunal correctionnel de Paris l’a reconnue coupable d’avoir fait rémunérer par le Parlement européen des collaborateurs qui travaillaient en réalité pour le Front national. Selon le tribunal, elle se trouvait « au centre d’un système organisé » ayant causé un préjudice estimé à 2,9 millions d’euros.
Le procès en appel est prévu du 13 janvier au 12 février 2026 et concerne également plusieurs figures du RN, dont le maire de Perpignan Louis Aliot, l’eurodéputé Nicolas Bay et le député Julien Odoul.La confirmation de son inéligibilité empêche Marine Le Pen de se présenter à toute élection, y compris à la présidentielle de 2027.
Malgré cette situation, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a réaffirmé son soutien :
« La candidate légitime de notre famille politique s’appelle Marine Le Pen. Nous sommes convaincus de son innocence. »Si la cour d’appel confirme la condamnation, Marine Le Pen restera inéligible et l’avenir politique de l’ex-leader du RN pourrait être durablement compromis.
En cas d’infirmation, elle pourrait retrouver ses droits électoraux et préparer activement la présidentielle de 2027.D’ici là, le parti doit naviguer entre bataille judiciaire et stratégie politique pour les prochaines échéances électorales.