La lauréate du Prix Nobel de la paix 2025, l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, est apparue jeudi 11 décembre à Oslo pour sa première prise de parole publique depuis près d’un an. Sa présence en Norvège relevait pourtant de l’incertitude la plus totale, tant sa sortie du Venezuela , clandestine et risquée , avait été tenue secrète jusqu’à la dernière minute.
L’opposante affirme avoir reçu une aide directe des États-Unis pour échapper aux autorités de Caracas et rejoindre l’Europe.
Depuis août 2024, Maria Corina Machado, recherchée pour « conspiration, incitation à la haine et terrorisme », vivait cachée dans la banlieue de Caracas. Selon le Wall Street Journal, elle a quitté sa cachette lundi, déguisée et coiffée d’une perruque, afin de franchir plusieurs postes de contrôle militaires.
Aidée par deux personnes, elle a rejoint un village de pêcheurs sur la côte caraïbe, avant d’embarquer à bord d’un bateau en direction de Curaçao.
La traversée, particulièrement sensible, aurait été signalée à l’avance à l’armée américaine pour éviter tout incident. À son arrivée sur l’île néerlandaise, mardi 9 décembre vers 15h, elle a été immédiatement prise en charge par un entrepreneur privé mandaté par l’administration Trump. Elle a ensuite embarqué dans un vol privé pour Oslo le lendemain matin.
« Je suis venue sans bagages… je n’ai même pas eu le temps de prendre une douche », a-t-elle déclaré lors de sa conférence de presse en Norvège. Elle a confirmé avoir reçu un « soutien du gouvernement américain » durant l’opération.
Une figure d’opposition
Le Nobel attribué à Maria Corina Machado a consacré son rôle central dans la contestation anti-Maduro, mais il a aussi ravivé les critiques sur ses prises de position politiques. Connue pour son intransigeance vis-à-vis du régime chaviste, elle soutient les sanctions américaines et a dédié son prix à Donald Trump, saluant le « soutien décisif » du président américain.
Elle a également exprimé son appui à la flottille militaire américaine déployée depuis août au large du Venezuela, officiellement contre le narcotrafic mais dont les opérations ont déjà fait 87 morts. Son nom figure en outre parmi les signataires de la Charte de Madrid, un texte soutenu par plusieurs figures de l’extrême droite européenne et latino-américaine, dont Giorgia Meloni et Javier Milei