La guerre au Moyen-Orient ne perturbe pas seulement les marchés des hydrocarbures : elle provoque aussi une forte hausse des prix des engrais agricoles, en particulier de l’urée, un engrais fabriqué à partir de gaz naturel et utilisé massivement dans le monde entier.Depuis le début du conflit, le prix de l’urée s’est envolé sur les marchés internationaux.
La tonne est passée de 490 à 660 dollars en seulement dix jours, soit une hausse de plus de 30 %.Le Moyen-Orient joue un rôle central dans ce marché : la région concentre près de 30 % des exportations mondiales d’urée, avec l’Iran, le Qatar et l’Arabie saoudite comme principaux fournisseurs.
Au Qatar, la plus grande usine d’urée au monde, exploitée par Qatar Energy, a suspendu sa production après des attaques de drones, aggravant la tension sur l’offre.La fermeture du détroit d’Ormuz et les menaces iraniennes sur les navires marchands paralysent le trafic maritime dans le golfe Persique, et réduit drastiquement l’entrée et la sortie des cargaisons d’engrais.
Les importateurs, notamment en Asie, craignent des retards pour les semis de céréales. L’Inde, premier client du Moyen-Orient pour les engrais, dépend à 40 % de cette région pour ses importations d’urée et d’engrais phosphatés. Malgré un accord signé en février pour 1,3 million de tonnes, les autorités indiennes cherchent désormais d’autres fournisseurs, en Égypte ou au Nigeria.