Entre coopération sécuritaire renforcée et soupçons d’ingérence, le rapprochement entre Moscou et Malabo divise.
En visite à Moscou, le ministre des Affaires étrangères de la Guinée équatoriale, Simeon Oyono Esono Angue, a obtenu de la Russie l’assurance d’un renforcement de la coopération militaro-technique. Son homologue Sergueï Lavrov a réaffirmé la disponibilité de Moscou à accompagner Malabo dans le développement de ses capacités de défense.
Sur le terrain, cette coopération se traduit par une présence russe de plus en plus perceptible. Selon plusieurs sources, des instructeurs et militaires auraient été déployés depuis 2024 dans le cadre du Corps africain pour former la garde présidentielle et sécuriser des sites sensibles, notamment à Malabo et à Bata.
Des informations que les autorités équato-guinéennes continuent toutefois de nier.Parallèlement, une brigade d’intervention rapide de 684 hommes a été mise en place, avec l’objectif de la doter d’équipements modernes, incluant des véhicules blindés et des systèmes de missiles. Pour certains analystes, cette architecture sécuritaire semble davantage orientée vers la consolidation du régime du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo que vers la réponse à des menaces extérieures.
Cette montée en puissance ne fait pas l’unanimité. Des voix critiques, au sein de la société civile comme de l’opposition en exil, dénoncent une présence étrangère jugée peu justifiée dans un pays qui ne connaît pas de conflit majeur. Elles pointent également un manque de retombées concrètes pour la population.
Le risque de recrutement de jeunes Équato-Guinéens dans le cadre de programmes de formation militaire en Russie. Présentées officiellement comme des opportunités académiques, ces initiatives alimentent les craintes d’un enrôlement indirect dans les opérations extérieures de Moscou.
Au-delà de la coopération bilatérale, ce rapprochement illustre la stratégie plus large de la Russie visant à étendre son influence sécuritaire et politique sur le continent africain, au moment où plusieurs pays redéfinissent leurs partenariats en matière de défense.