Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat, une décision qui plonge l’institution dans une nouvelle zone de turbulence. Déjà en retrait depuis mai 2025, le magistrat britannique est visé par des accusations d’agression sexuelle qu’il conteste fermement.
La décision a été prise par le bureau de l’Assemblée des États parties, composé de 21 membres, qui a estimé à la majorité qualifiée qu’une suspension s’imposait dans l’attente d’un examen approfondi du dossier. Cette mesure, précisent-ils, ne préjuge toutefois pas de l’issue finale de la procédure.
Au cœur de l’affaire, des accusations portées par une membre de son équipe. Une enquête indépendante, confiée à l’ONU, aurait relevé des éléments jugés crédibles par certains responsables, bien que des juges aient auparavant estimé les preuves insuffisantes pour établir les faits de manière définitive.
Face à ces accusations, Karim Khan dément catégoriquement toute inconduite. Par la voix de ses avocats, il dénonce une décision « illégale », « inéquitable sur le plan procédural » et « non étayée par des preuves solides ». Sa défense évoque ainsi une procédure entachée d’irrégularités, laissant planer des doutes sur les motivations réelles de cette suspension.
Une décision aux lourdes implications
La procédure est désormais entre les mains des 125 États membres de la CPI, qui devront se prononcer sur le maintien ou la révocation du procureur. Une décision attendue lors d’une prochaine assemblée, dont la date doit être fixée dans les prochains jours.
Première du genre dans l’histoire de la CPI, cette suspension fragilise l’image de l’institution, déjà confrontée à des critiques récurrentes sur son fonctionnement et son indépendance.
Entre accusations graves et contestation de la procédure, l’affaire Karim Khan ouvre une crise inédite au sommet de la justice pénale internationale.Dans l’attente de la décision finale des États parties, une question demeure : s’agit-il d’une réponse nécessaire à des accusations sérieuses ou d’une procédure controversée aux relents politiques ?