À Accra, responsables politiques et experts planchent sur les réparations de l’esclavage. Le Ghana entend faire avancer un dossier devenu une priorité pour l’Union africaine
Le Ghana accueille à partir de ce mercredi un sommet international consacré aux réparations liées à l’esclavage et au colonialisme. Pendant trois jours, experts, responsables politiques et chefs d’État tenteront de définir une feuille de route pour faire avancer une revendication portée depuis des décennies par les pays africains et les diasporas afro-descendantes.
Pour les participants, l’enjeu est désormais de transformer cette avancée symbolique en mesures concrètes.Au cœur des discussions figurent les restitutions d’œuvres d’art, les investissements dans les pays affectés, les programmes éducatifs, les excuses officielles des anciennes puissances esclavagistes et la reconnaissance des préjudices historiques.
Les défenseurs des réparations soulignent que la question ne se limite pas à une compensation financière, mais concerne aussi les inégalités et discriminations héritées de l’esclavage et du colonialisme.
Le choix du Ghana pour accueillir ce sommet est hautement symbolique. Le pays abrite plusieurs sites de la traite transatlantique, notamment les châteaux d’Elmina et de Cape Coast, d’où des millions d’Africains furent déportés vers les Amériques.
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a d’ailleurs qualifié le Ghana de « scène du crime », estimant que le pays devait désormais devenir un lieu de « restauration et de guérison.