Le Sénat nigérian a adopté un projet de réforme constitutionnelle ouvrant la voie à la création de forces de police propres à chacun des 36 États du pays. Une mesure destinée à renforcer la lutte contre l’insécurité.
Le Sénat du Nigeria a adopté un projet de loi constitutionnelle autorisant la création de forces de police propres à chacun des 36 États de la fédération. Après son adoption par la Chambre des représentants il y a deux semaines, cette réforme marque une avancée importante dans la refonte de l’architecture sécuritaire du pays.
Le texte répond aux critiques visant la police fédérale, accusée d’être trop centralisée et de ne pas parvenir à contenir les multiples crises sécuritaires qui secouent le Nigeria. Ces préoccupations ont été ravivées par le récent enlèvement massif d’élèves dans le sud-ouest du pays, une région jusque-là considérée comme relativement épargnée par ce type d’attaques.
Les partisans de la réforme estiment qu’une police d’État permettra une réponse plus rapide et mieux adaptée aux réalités locales. À l’inverse, plusieurs experts redoutent que ces nouvelles forces ne renforcent l’influence des gouverneurs, dans un contexte où la vie politique nigériane est régulièrement marquée par des violences.
Soutenu par le président Bola Tinubu, le projet doit encore être harmonisé avec la version adoptée par la Chambre basse. En tant que révision de la Constitution, il devra ensuite être approuvé par au moins deux tiers des assemblées législatives des États avant de pouvoir entrer en vigueur.
Depuis quelques années,le Nigeria cherche à adapter son dispositif sécuritaire face à la persistance des enlèvements, des attaques de groupes armés et des violences qui affectent plusieurs régions du pays.